Historique du Centre francophone de Toronto
Historique du Centre francophone de Toronto
La présence française à Toronto ne date pas d'hier. En fait, c'est un métis francophone, Etienne Brûlé, aussi interprète pour Samuel de Champlain, qui a découvert la région vers 1615.
La francophonie torontoise prend ses racines au sein de toutes ces communautés de migrants qui vinrent à Toronto pour des raisons économiques. A la fin du XIX ème siècle, de nombreux canadiens-français quittèrent le Québec pour venir s'établir en Ontario, à la recherche de meilleures conditions de vie. La première institution franco-torontoise, la paroisse du Sacré-Coeur, vit le jour en 1887.
Au milieu du XXème siècle, la population francophone connaît sa plus importante croissance démographique. A partir des années 70, la communauté s'enrichit d'immigrants francophones qui viennent de partout à travers le monde.
Très tôt, la communauté sent le besoin de s'organiser, de se doter d'institutions qui pourront la servir dans sa langue, le français. Les besoins sont grands.
Il faut d'abord se doter d'un organisme qui saura représenter la communauté, parler en son nom.
En 1975, une étude parrainée par le Secrétariat d’État « Étude sur l’établissement d’un centre francophone à Harbourfront International » identifie le besoin d’un organisme qui rassemblerait la population francophone de Toronto et assurerait une plus grande collaboration et un meilleur échange d’information.
En 1976, 17 regroupements francophones de la région s'unissent pour former un organisme parapluie: le Conseil des organismes francophones du Toronto métropolitain (COFTM). La charte est signée en octobre 1977. Le COFTM s'installe dans des locaux au 535 Queen's Quay Ouest. En 1981, le COFTM regroupe 50 organismes.
Mais les besoins des francophones sont plus larges que la simple représentation politique. Les franco-torontois veulent des services dans leur langue.
La santé est très tôt une priorité. Pour les franco-ontariens, il est primordial de pouvoir avoir accès à des services de santé primaire dans leur langue. Leur vision est davantage tournée vers l'approche communautaire. La présence de Centres de santé communautaire comme alternative aux cliniques médicales n'est pas récente.
Déjà en 1963, les gens de Sault-Ste-Marie se dotaient d'un centre de santé communautaire.
Le rapport Hastings, en 1972, avait recommandé que toutes les provinces mettent sur pied un nombre important de centres de santé communautaire. Cette même année au Québec, le premier centre local de services communautaires (CLSC) voit le jour.
L’Ontario emboîte le pas plus timidement et établit graduellement une poignée de centres de santé communautaire.
Pendant ce temps, la communauté francophone de Toronto s'organise pour se doter de toute une gamme de services en français.
En 1981, une étude recommande la mise en place d'un Centre offrant des services d'accueil. Cette année-là, c'est l'incorporation du Centre culturel et d'information francophone de Toronto. Un an plus tard, la communauté développe des politiques bilingues avec le gouvernement fédéral et ouvre deux centres d'emploi. Le CFT co-préside un colloque organisé en partenariat avec le Collège Glendon sur l'avenir de l'éducation en français.
En 1983, le COFTM déménage dans des locaux temporaires au 222 Queen's Quay West. Ce ne sera qu’en 1988 que le COFTM occupera définitivement les locaux situés au 20 Lower Spadina.
C’est en 1985 que le COFTM devient membre de Centraide du Toronto Métropolitain.
Durant les années 80, la communauté francophone de Toronto se dote aussi d'un service d'accueil médical francophone, situé au Centre des Pionniers, pour venir en aide aux personnes devant accompagner des proches souffrant de maladie dans les hôpitaux torontois. En effet, à l’époque, les professionnels pouvant offrir des services en français sont rares, leurs services sont méconnus des francophones et ils sont dispersés dans plusieurs hôpitaux et centre de services sociaux.
Pendant cinq ans, l'Association canadienne-française de l'Ontario (l'organisme de représentation des francophones à l'échelle de la province) se penche sur le problème du manque de services de santé en français et dés 1985, un comité régional est chargé d'étudier la situation particulière des franco-torontois. Se comité se transformera en groupe de travail qui oeuvrera afin de mettre sur pied un centre de santé francophone, activement supporté par le COFTM.
En 1986, le COFTM participe à une étude visant la mise en commun des services administratifs, de comptabilité et de membriété des Centres culturels de l'Ontario. Un an plus tard, le rapport Woods Gordon confirme le besoin de locaux permanents du COFTM. Il faut regrouper les services.
Pendant ce temps, le projet de centre de santé avance. Le Centre médico-social communautaire de Toronto est incorporé officiellement en 1988 et ouvre ses portes officiellement un an plus tard, soit le 23 octobre 1989, au 22 rue Collège. Financé par le Ministère de la Santé et le Ministère des services sociaux et communautaires, il compte une douzaine d’employés.
Les années 90 sont des années de consolidation des services chez les franco-torontois. Les besoins sont de plus en plus grands, en raison de la croissance de la population immigrante francophone. À cet égard, le COFTM met graduellement en place toute une gamme de services pour répondre à leurs besoins. C’est en 1992 que le COFTM offrira le premier camp d’été pour les enfants francophones, et coordonnera la première campagne des Paniers de Noel. L’année suivante le COFTM commencera à offrir des cours d'anglais langue seconde, des services d'établissement pour nouveaux arrivants francophones, et publiera l’annuaire des ressources francophones.
Les choses vont rondement aussi du côté du CMSC et en 1993, le CMSC ouvre un bureau satellite (sur la rue Fairview), dans le nord de la ville. En 1994, le COFTM signe officiellement son bail de 60 ans pour les locaux au 20 Spadina avec la Ville de Toronto. Cette même année, le centre change de nom et devient le Centre francophone du Toronto Métropolitain, puis quelques années plus tard, le Centre francophone de Toronto (2000).
Pourtant, un coup dur attend les franco-torontois. Vendredi, le 13 octobre 1995, le gouvernement provincial retire tout le financement qui était accordé au service social du CMSC. Les services de counselling, de thérapie et de développement communautaire seront donc coupés. Il faudra attendre cinq ans avant que certains des services abolis soient restaurés.
Ainsi, dès la fin des années 90, le CMSC entreprend un développement intensif des services.
Suite à des études de besoins et à des constats évidents quant au manque de services en français, dès 1999, le CMSC reçoit le mandat et entreprend l’offre de services de santé mentale aux adultes, de services aux nourrissons et de services en santé mentale infantile. De plus, le CMSC reçoit sa première accréditation à titre d'organisme de qualité en avril 2002.
Les années qui suivent sont un temps de réflexion pour les francophones qui aimeraient regrouper tous les services et activités sous un même toit. Une maison de la Francophonie est à l'étude.
Mais la communauté voit encore plus loin. Pourquoi ne pas fusionner le CMSC et le Centre francophone de Toronto pour ne former qu'UN organisme. En 2002, les pourparlers démarrent entre les deux institutions, encadrés par un comité conjoint. Ce comité émettra des recommandations ponctuelles, étayées par les résultats d’une analyse de faisabilité qui révise successivement tous les aspects des deux organismes.
En parallèle, 2003 verra également l'ouverture officielle par le CMSC de ses services d’aide juridique en français, et du Coin de la petite enfance. Le CMSC devient le seul centre en Ontario à offrir toute la gamme de services sociaux et de santé dont les francophones ont besoin. Un modèle unique.
Ce n’est qu’en décembre 2003, que les Assemblées générales extraordinaires des deux organismes adopteront chacune l'entente de principe qui mènera à la fusion officielle, le 28 avril 2004. Le premier conseil d’administration du nouveau Centre francophone de Toronto est initialement formé de 14 membres, dont 7 proviennent de chaque organisme fondateur. Jean-Gilles Pelletier est nommé directeur général.
Le vent dans les voiles, le CFT poursuit son offre active de services, et ouvrira officiellement en septembre 2005, son Centre de traitement de jour, pour enfants de 6 – 12 ans, situés à l’école Ste-Madeleine, à North York.
Ses services en établissement pour nouveaux arrivants connaîtront également une grande croissance, avec l’ajout des services d’Accueil - groupes de rencontres (2005) et jumelage professionnels (2006), d’outreach et de coordination de bénévoles (2007).
Un réaménagement important se produit en 2007, alors que déménagent au 22 Collège, 12 employés à l’emploi et l’établissement qui oeuvraient auparavant au 20 Spadina. Cette initiative confirme le rôle de carrefour de services que joue de nouveau le CFT, à l’instar du COFTM, son prédécesseur.
Enfin, en 2007, les objectifs fixés par sa nouvelle planification stratégique permettent au CFT d’établir une collaboration plus étroite avec les Centre d’Accueil Héritage, afin d’offrir un continuum de services en français aux personnes âgées francophones.
